Du Théâtre à la Danse
C'est un stage de théâtre au Festival d'Avignon qui donne à Alexia l'envie de monter sur scène.
Son parcours initial de comédienne l'emmène à partir de 1998 sur les planches de plusieurs théâtres parisiens : Les Déchargeurs, la Main d'Or, les Songes, le Café de la Danse. La mise en scène de la danse dans ses spectacles est toujours liée à l'art dramatique.
Une formation ancrée dans l'esthétique traditionnelle
De 2001 à 2007 Alexia suit l'enseignement de l'Autre Danse avec Saadia Souyah et Saïda Nait Bouda. Elle assiste également aux stages de Suraya Hilal, puis de Marie Al Fajr, et de May Kazan . Elle développe auprès de ces artistes sa connaissance des danses traditionnelles d'Egypte et du Maghreb, dans leur dimension d'art vivant universel, loin des images folkloriques convenues. Depuis 2009 elle approfondit sa pratique en découvrant l'art martial du Tahtib ( origine de Raqs El Assaya) avec l'association Seiza . Elle assiste en Egypte aux entrainements de la troupe Al Warsha, à Mallawi.
Alexia suit enfin l'enseignement de Dahmane Khalfa et Nicolas Derolin (percussions orientales) et de Bouabdellah Khelifi ( chant)
Une démarche artistique plurielle
En 2003 Free Dance Song : Feldenkrais, Danse Afro Américaine, kinésiologie.
Alexia aborde les danses Orientales dans le respect des sources traditionnelles et la quête d'une expression contemporaine, sur scène comme auprès de ses élèves.
Presse : Article de Nawal Neggache , Gazelle n°12 Déc 2007
La danseuse et chorégraphe Alexia Martin, fondatrice du Collectif S.U.M.O, collectif pour une synthèse urbaine du Mouvement Oriental, aborde la question de la corporalité, de l'espace et des origines de la danse. Petite précision avant tout sur le nom singulier de son association. L'appellation"SUMO" n'est pas du tout le fruit du hasard. C'est d'abord une provocation par son allusion au corps massif du sumô japonais contrastant fortement avec l'image stéréotypée de la mince et belle danseuse orientale. Le tableau est posé. Derrière le Collectif SUMO il y a une volonté sincère de casser des clichés, de revendiquer un droit aux différents physiques sortant des "critères commerciaux hollywoodiens" de la danseuse orientale. Avec cette nouvelle liberté d'esthétique, des danseuses d'êge et physiques très diivers peuvent s'exprimer. (...) L'association Collectif SUMO tente de valoriser les origines populaires du Baladi Egyptien, souvent invisibles en France. Si la popularité su Sharqui n'a cessé de croitre en Europe, les danses traditionnelles shaabi et baladi sont en revanche"trop peu représentées" déplore la chorégraphe(...) Avec Awadi, la chorégraphe respecte l'esprit des danses populaires tout en prenant quelques libertés. Les formes artistiques figées, très peu pour elle. En transposant des danses populaires orientales sur une scène européenne, on ne peut de toutes façons retrouver leur entière "authenticité". Il faut donc, selon l'artiste, "rechercher des liens entre un art traditionnel et un environnement qui ne l'a pas vu naître". en d'autres termes, aller vers une logique naturelle de métissage.
Questions à Alexia Martin à propos du spectacle AWADI
Awadi est il un authentique spectacle de danses traditionnelles Egyptiennes?
. C'est avant tout un hommage. AWADI rend hommage aux danses populaires d'Egypte en les intégrant dans une perspective symbolique. Pas dans une démarche "folklorique" qui ne met en valeur qu'une forme superficielle : geste, costumes. Il faut renoncer à chercher l'authenticité d'un spectacle de danses traditionnelles, d'où qu'il vienne, représenté en Europe sur une scène à l'italienne devant un public "passif". Nous sommes de toutes façons hors contecxte, alors autant en tirer avantage.
Pourquoi des chorégraphies aussi minimalistes, surtout pour les solos?
De nombreuses danseuses orientales confondent musicalité et surillustration de la musique. Une grande partie du public, et même des musiciens accompagnateurs de la danse, partage ce point de vue. Pour moi le mouvement est un outil, non une fin en soi. J'explore le mouvement décliné, la richesse des formes simples en apparence. Au risque de lasser les amateurs d'étalage technique, je ne me sens pas obligée de montrer tout ce qu'une danseuse sait faire à l'intérieur d'un même spectacle. Là encore, la notion de "démonstration" est hélas très ancrée dans les attentes du public de danse orientale. Aux chorégraphes de faire évoluer les mentalités.
Certaines danses sont très sombres, d'autres presque abstraites, est on encore dans une expression de danse orientale ?
L'inconscient collectif relie la danse orientale, si ce n'est toujours à la séduction, du moins à une expression de gaieté, ce qui est juste par bien des aspects, mais réducteur. Rien ne devrait interdire aux chorégraphes et aux interprètes d'explorer des émotions plus sombres lorsque la musique, ou leur propos, le leur suggère. Pour des raisons commerciales, et aussi par paresse créative, très peu de danseuses osent sortir du cadre de la jolie femme souriante et heureuse : pourquoi remettre en cause une recette qui fonctionne depuis des dizaines d'années ? Les chorégraphes s'enferment eux mêmes, elles mêmes, dans le cliché tout en le dénonçant. Et les critiques face à toute tentative alternative sont souvent virulentes. Mais il faut en passer par là pour qu'un art évolue.
Quel message souhaitez vous faire passer à travers vos spectacles?
Un immense respect pour la puissance, la dignité et la liberté des images de femmes que véhicule les danses traditionnelles d'Egypte. Le désir de faire mieux connaitre du public cet autre visage des danses orientales. Le souhait que les productions de danse orientale s'éloignent des sentiers battus où la logique commerciale les a menés.
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