La Danseuse de Verre (extrait)

February 10, 2018

Ce conte est, comme beaucoup de ceux que j'écris, inspiré de l'univers de la musique et de la danse. Ecrit en 2014, il s'est promené de Grenade à Villefranche de Conflent depuis...

Une jeune fille sauta du palanquin comme une libellule. Ses cheveux étaient aussi blancs que sa peau, et ses yeux couleur de rubis. Sa tête droite et sa bouche moqueuse était celles d’une reine du désert. Elle était née au Sud, très loin de Yanina. Sa famille l’avait vendue pour éloigner la malédiction cachée dans ses yeux rouges. Elle traçait un cercle de danse au milieu de la foule, revêtue d’une robe extraordinaire. Tissée de perles de cristal, de verre, cette robe était recouverte de tout ce qu’on avait pu trouver de transparent assemblé par du fil de soie invisible. Billes, cercles, éclats, cylindres, torsades, éblouissaient le regard. Sur sa jupe,  le verre sculpté dessinait des dizaines de plumes si fines qu’un souffle les aurait brisées. Ce costume de verre n’était pas seulement beau…il était magique! Lorsque la musique accélérait, chaque spectateur ébahi pouvait y lire, sur un bras ou un coin de la taille, sur un bracelet ou sur une des plumes, les pages inconnues de son avenir, ou les pages secrètes de son passé.

 

A  la première danse, Maqsud le capitaine des Gardes aperçut des hommes armés jusqu’aux dents aux portes de la ville. Il sourit, incrédule. Deux heures plus tard, un pigeon voyageur annonça des brigands descendus de la montagne.

A la danse de midi, Zarina la couturière, vit une table chargée des mets les plus délicieux, et ses huit enfants souriants et repus. Elle pleura, incrédule, car cela faisait des mois qu’ils ne mangeaient plus à leur faim. Une heure plus tard,  elle trouva  une hirondelle dans son jardin : l’oiseau s’étouffait…Fouillant son bec, elle y trouva une émeraude.

 

A la danse du crépuscule, la vieille Shékureh, abandonnée par son fiancé cinquante ans plus tôt, et qui avait passé sa vie dans la solitude, se vit en robe de mariée. Elle haussa les épaules et cracha, incrédule… Une demi heure plus tard, Orhan le marchand de simits l’attendait à genoux devant sa porte pour demander sa main!

 

Voulez vous connaitre le nom de la danseuse? On l’appelait Bayda, aux cheveux blancs comme les nuages.

 

 

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